La Fête de Sainte Anne - La Turballe - 2011



La 57 ème
Fête de Sainte-Anne
à La Turballe

 Samedi 30 juillet 2011

 
 

 

Sainte Anne,
Mère de la vierge Marie, elle n'apparaît pas dans les Évangile canoniques mais dans le Protévangile de saint Jacques, qui raconte l'histoire d'Anne et Joachim et la naissance miraculeuse de la mère du Seigneur.
La fête de Sainte Anne est devenue très populaire à Düren, en Allemagne ainsi qu'à Auray, en Bretagne, après son apparition à Yves Nicolasic, au XVII ème siècle.

Le dépôt de gerbes au monument des péris en mer 

 

 

Le mot d'accueil et de remerciement du Père Yvon Barraud

 

Monseigneur, bienvenue à ce 57ème rendez-vous annuel de la fête de Sainte Anne, patronne de la Bretagne, la bombarde et le biniou font écho au pardon de mardi dernier où à Sainte Anne d'Auray toute la Bretagne honorait sa protectrice. Elle est aussi patronne de notre paroisse et du monde de la mer.

Tous les ans, nous nous rassemblons sur le port pour vivre un temps de communion, de recueillement, de rassemblement. Ce jour nous est cher et nous sommes très heureux de vous voir partager comme évêque de Nantes, notre "Sainte Anne".

Vous avez déjà eu l'occasion de nous visiter pour une confirmation à Trescalan, pour une visite du port et une rencontre en juin, il y a un an. Vous y aviez entendu s'exprimer les difficultés du monde de la pêche, les nombreux espoirs, les attentes. l'échange avait aussi permis de vous faire découvrir cette passion qui nous anime ici à La Turballe. Quelques temps après vous rencontriez à Nantes des représentants de la Mission de la Mer, qui existe ici et est là ce soir, pour avoir une vision élargie avec les ports, de La Turballe et du Croisic, de Nantes et de Saint Nazaire.

Notre prière ce soir confie à Dieu les nombreux péris en mer, toutes les personnes qui travaillent et vivent de la mer, toutes les familles et les communautés ici rassemblées largement, diversement en ces temps de vacances.

Avec nous,

Monsieur le Maire de La Turballe, Conseiller Général, des membres du Conseil Municipal et des membres du Conseil Municipal des jeunes,

Madame le Conseiller Régional, représentant le Président du Conseil Régional,

Monsieur le Député maire de Guérande m'a demandé de l'excuser. il est au Pouliguen avec la SNSM qui reçoit et béni une nouvelle vedette et honore l'un des siens.

Avec nous le personnel portuaire, madame la présidente du Comité Local des Pêches, des pêcheurs et leurs familles, des membres du groupement des pêcheurs. les gros bateaux sont en mer, au thon, nous prierons avec eux, de loin. Les membres de la SNSM, les représentants des gendarmes, des CRS surveillants des plages, de la police, des pompiers rappelle combien la mer a besoin de surveillance et sollicite la vigilance. Monsieur le président de la Caisse de Secours des Péris en Mer nous rappelle l'entraide nécessaire.

Avec nous cette assemblée composée de Turballais, de paroissiens de Sainte Anne, de Notre Dame la Blanche, et ces nombreux paroissiens des temps des vacances qui en juillet et août sont ici chez eux, le père François Béal Dyon est l'un d'eux, la chorale est riche de toute cette diversité et honore aujourd'hui la grand-mère avant d'honorer le 15 août, la Mère de Jésus.

Notre assemblée s'élargi comme tous les ans à l'Afrique avec la Père Jean Marie du Burkina qui apprécie la proximité de la mer ce qui le change de son pays dans les terres africaines, et la Père Maurice du Sénégal qui apprécie le caractère vivifiant de la température de notre eau. un certain nombre de nos pêcheurs vous donnent cette preuve d'Afrique au quotidien.

Devant vous Monseigneur, notre assemblée est joyeuse de pouvoir fêter sainte Anne la grand-mère de Jésus qui a choisi parmi ses apôtres des pêcheurs qu'il ne manqua pas de surprendre en leur disant un jour,

"Avancez au large, jetez vos filets".
 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 


 La messe célébrée par Monseigneur l'évêque de Nantes

 

 

 

Homélie de Monseigneur Jean-Paul JAMES

Ces dernières semaines, nous avons écouté les paraboles dans lesquelles Jésus comparait le Royaume à un grain semé dans les sillons de nos vies; du grain qui croît obstinément, à son rythme, sans se laisser troubler par la proximité de l'ivraie, mais attendant avec patience le temps de la moisson, où les oeuvres de chacun seraient mises à jour. La minuscule graine pousse, de jour et de nuit, sans que l'agriculteur ait en s'en préoccuper. En temps voulu, l'herbe devient l'épis, qui porte son fruit pour la moisson. Encore faut-il qu'il y ait un moissonneur, c'est à dire un homme de désir qui découvre le don de Dieu et soit prêt à tous les renoncements qui s'imposent, pour l'acquérir. Aujourd'hui Jésus nous propose trois paraboles - les plus brèves de l'Évangile - pour nous dire en quelques lignes la manière dont nous sommes invités à nous approprier le Royaume. or on ne s'approprie délibérément que ce qu'on désire ardemment; Pour susciter en nous ce désir, Jésus nous parle d'un "trésor" : voilà bien une parole magique qui retient spontanément notre attention !

Les interlocuteurs de Notre Seigneur ne faisaient pas exception : bon nombre de contes orientaux sont structurés autour de la recherche d'un trésor fabuleux. Souvenons-nous de la caverne d'Ali Baba qui nous a tous fait rêver ! Pas besoin de longs discours : quelques paroles suffisent pour solliciter notre imaginaire. Aussi Jésus se contente-t-il de nous donner la trame du scénario : au cours de son travail, un ouvrier agricole - voilà qui assure le lien avec les paraboles antérieures - découvre un "trésor caché". Inutile de préciser que ni cet ouvrier, ni le négociant de perles dont il est question dans la seconde parabole, n'ont aucun mérite dans la découverte totalement fortuite qui va radicalement changer le cours de leur vie. On imagine sans peine leur joie et leur excitation ; mais ces deux hommes n'en perdent pas pour autant la nord. Légalement l'ouvrier agricole a droit à la moitié du butin, l'autre moitié revenant au propriétaire du champ. Pour éviter de devoir partager sa découverte, notre héros préfère vendre tous ses biens et acquérir le champ, afin de faire main basse sur la totalité du magot. Le vendeur de perles fait de même : il se dépouille de tous ses biens pour acquérir l'unique objet de son désir.

Le "Royaume des cieux" est bel et bien un "trésor", et même un trésor infiniment plus précieux que tous les "trésors" et toutes "les perles de grande valeur" du monde, puisqu'il nous donne accès au mystère de Dieu lui-même, Source de tout bien. Le paradoxe de ces deux courts paraboles réside dans le fait qu'un trésor d'un tel prix soit accessible au coeur de notre quotidien : ces hommes ne faisaient rien d'extraordinaire : le trésor est offert comme un don gratuit à quiconque s'applique à son devoir d'état.

Le Royaume n'est donc pas au-delà de nos horizons familiers, il ne se cache pas loin dans un lieu sacré, il ne se confond pas avec des expériences surnaturelles extraordinaires. Il est là, tel un trésor, caché au fond de la vie quotidienne. Famille, profession, maison, école ... : rien de cela n'est caduque, mais tout est changé. Une joie nouvelle nous envahit parce qu'enfin nous voyons la profondeur des choses, la signification des rencontres, la beauté nouvelle de l'amour et la splendeur de l'espérance. L'existence humaine découvre sa profondeur, sa richesse incalculable, sa fragile beauté, en même temps que sa tragédie et ses véritables enjeux.

Cette la situation est un peu différente pour le marchand de perles : contrairement à l'agriculteur qui ne cherchait rien, il est en quête de perles rares. Nous pourrions dire qu'il s'agit d'un homme qui depuis longtemps réfléchit, lit, médite, cherche un sens à sa vie; il a déjà fait diverses expériences, mais aucune ne le satisfait. Jusqu'au jour où - à l'exemple de saint Paul, saint Augustin, saint François d'Assise, d'Edith Stein, ou même André Frossard - il fait une rencontre, entend une voix, tombe sur un livre, qui lui ouvre les yeux ; désarçonné, il bondit d'allégresse : "j'ai trouvé !" Il ne s'agit pas d'une satisfaction du même ordre que celles qu'il goûtait auparavant : c'est "la perle", infiniment plus belle, que toutes celles qu'il connaissait ; une perle que l'on ne peut pas simplement ajouter aux autres : il n'y a aucune commune mesure entre elle et tout ce qu'il avait acquis jusque-là.

Tous ceux qui ont vécu une telle rencontre bouleversante avec la Parole de vérité, savent dans l'instant qu'ils ont à renoncer à bien des attachements incompatibles avec leur découverte. Mais nulle rupture ne pèse au coeur enfin comblé ! Ces paraboles nous enseignent que la véritable sagesse consiste à ne pas s'arrêter aux choses qui nous entourent, mais à discerner la présence cachée de Celui qui nous fait signe à travers elles. Dès lors la liberté ne consiste pas à user - de ce monde selon notre bon plaisir, mais à découvrir que tout est don de la grâce et invitation à devenir les collaborateurs du Seigneur, pour gouverner avec lui la création qu'il nous a confiée. C'est ce que l'Esprit avait fait comprendre à Salomon, lui inspirant de demander "non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de ses ennemis, mais le discernement, l'art d'être attentif et de gouverner" (1ère lect) sa vie selon le dessein de Dieu.

Tout au long de son histoire, l'Église parcourt tous les pays, multiplie les appels en toutes langues, s'adresse à toutes les couches de la population : "Convertissez-vous : le Royaume de Dieu s'est approché! Il est là au coeur de votre vie ; saisissez-le : il se donne gratuitement à l'homme de désir !" Les pêcheurs du lac de Galilée devenus "pêcheurs d'hommes" ainsi que leurs successeurs, ne cessent de jeter le filet dans la mer pour en ramener le plus de poissons possible, car Dieu ne veut pas qu'un seul de ces petits se perde : "Ceux qu'il connaissait par avance, il les a aussi destinés à être l'image de son Fils, pour faire de ce Fils l'aîné d'une multitude de frères" "and lect), afin de leur donner part à sa gloire (Ibid.). "Avez-vous compris tout cela ?" demande Jésus tout en jetant un regard circulaire insistant sur ceux qui l'entourent, c'est-à-dire sur chacun d'entre nous. Puissions-nous répondre avec Psalmiste :"Mon partage, Seigneur, c'est d'observer tes paroles. Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche, plus qu'un monceau d'or ou d'argent !" Ps118). Car en devenant ton disciple, je suis passé du statut de serviteur à celui d'ami, de fils, et d'héritier. Pour cette merveille de ton amour gratuit, sois béni éternellement.

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Prière du Marin
Au nom du Père qui a séparé les eaux d'avec le ciel et la terre
et du Fils qui foule et apaise la tempête
et de l'Esprit qui plane au-dessus des océans.

Vierge Marie, Reine des flots,
à qui les marins, même mécréants, ont toujours été dévots,
vois à tes pieds tes fils qui voudraient se hausser jusqu'à toi.
Obtiens-leur une âme pure comme brise de mer.

Un coeur fort comme les flots qui les portent,
une volonté tendue comme voile sous le vent,
une attention qui veille sans mollir comme gabier dans la hune
un corps bien armé pour les luttes contre les tempêtes de la vie.

Mais surtout, ô Notre-Dame,
ne les laisse pas seuls à la barre,
fais-leur relever les écueils où ils s'échoueraient
avant d'ancrer, près de toi, au port de l'Éternité.

 


De nombreux fidèles assistaient à la messe sur le port

 

 Le départ des bateaux est toujours un spectacle pour les fidèles restés à terre.

 

Texte : Jean Lecoq -
Photos et mise en pages : Marcel Berlivet -  
  

 

Retour des bateaux au port de La Turballe après le dépôt de la couronne. 

  

 

 

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Ecusson de La Turballe en loire-atlantique